Vol d'initiation pour Diane Raynes, une jeune adolescente très motivée 20 décembre 2006 | 20h14 dans
Coups de coeur
Instructeur depuis quelques années déjà, dans un aéroclub très actif de la région parisienne, j'ai l'habitude d'avoir nombreuses personnes à mon bord, en instruction ou en vol d'initiation.
Aujourd'hui, j'ai envie de partager avec vous ce sentiment qui fait du bien à l'instructeur lorsqu'il est parfois témoin de la naissance d'une passion, qui est celle de nombreux d'entre nous, et qui est celle du pilotage des avions...
C'est par exemple ce que j'ai ressenti, pas plus tard qu'aujourd'hui avec une jeune personne, Diane Raynes, 17 ans, qui vient d'effectuer son premier vol aux commandes d'un Robin DR400, dans le cadre d'un vol d'initiation.
Cela fait du bien, effectivement, de voir la motivation rayonner d'une adolescente qui m'explique qu'elle veut être pilote de chasse ou à défaut, pilote de ligne et qui ajoute qu'elle est prête à beaucoup donner pour y parvenir. Elle est là aujourd'hui car elle voudrait passer plus tard, lorsqu'elle en aura les moyens, le brevet de pilote privé, et souhaite avoir un aperçu de ce à quoi cela correspond.
Je lui explique que la route est jalonnée d'obstacles, dont certains spécifiques à sa situation féminine, et que la formation pour devenir PPL (Private pilot licence) est coûteuse.
Elle me répond qu'elle a déjà échafaudé une solution: Comme elle a de bonnes capacités en anglais, elle deviendra hôtesse de l'air pour pallier au problème du financement du PPL, tout en ayant un contact avec les avions qu'elle aime.
Ensuite, elle cherchera a réussir les sélections dans l'armée, car la rigueur militaire lui plait beaucoup. Je comprends alors dans son regard qu'elle donnera tout pour y parvenir.
Diane appartient à une génération de jeunes gens qui ont tendance à ne pas accepter et donc à fuir la difficulté. Je me souviens d'un officier de l'aéronavale qui me disait, lors d'un forum sur les métiers de l'air, qu'ils avaient du mal à trouver des candidats pilotes de chasse. 2tonné, je lui demandais si le métier ne fesait plus rêver. Il me répondit alors: "Si, mais les jeunes actuels baissent les bras des qu'un effort est à fournir. Ils n'ont pas l'envie de sacrifier leur post- adolescence pour un métier".
Et bien Diane ne s'incrit pas dans cette description. Elle ne baisssera pas les bras, garantit elle, tandis qu'elle exécute les exercices de pilotages que je lui demande. Je lui parle volontairement pendant la scéance afin de disperser son attention, mais elle s'accroche: Elle est un battante.
Là, on aime son métier d'instructeur. La leçon a durée une heure, une heure de plaisir, pour elle et pour moi. Je pense qu'elle se rappellera longtemps de son premier vol. Souhaitons lui la réussite qu'elle mérite. Vous la rencontrerez sûrement un jour comme hôtesse de l'air dans un avion de ligne, et plus tard, je n'en doute pas, elle protègera notre pays au commande de son avion.
L'ingratitude du métier d'instructeur est vite oubliée lors de certaines rencontres comme celle que j'ai vécu aujourd'hui. Merci mademoiselle.