Un nuage volcanique paralyse l'aviation dans le ciel du nord de l'Europe
15 avril 2010 | 20h37
15 avril 2010 | 20h37
Une bonne partie de l'Europe du nord voit son trafic aérien perturbé par l'activité exceptionnelle d'un volcan situé en Islande, à 125 km au sud de la capitale, Reykjavik. Les particules aérosols abrasives dégagées par le volcan, des cendres volcaniques, présentent un vrai danger pour les avions, en particulier pour leurs réacteurs.L'abrasion de la cellule des avions et la visibilité depuis les postes de pilotage posent également problème...
Les vols sont affectés notamment en France, en Grande-Bretagne, en Norvège, en Finlande en Suède au Danemark et même au nord de la Russie. La liste des pays concernés est appelée à évoluer en fonction du déplacement du nuage.
Le comble de la situation est que l'aéroport de la capitale de l'Islande, le plus proche du volcan Eyjafjallajokull reste ouvert. Il est en effet épargné par les vents dominants qui viennent de l'ouest.
En France, les Aéroports de Paris seront fermés à partir de 23 heures au mieux jusqu'au 16 avril à 14h00 LT. D'autres aéroports de province sont d'ores et déjà fermés.
Une grande incertitude pèse quant à l'heure ou la date de la fin de cette situation. Selon certains médiats alarmistes et de mauvaise augure, l'éruption pourrait se prolonger pendant des semaines voire des mois, personne ne sachant avec quelle intensité.
Selon les prévisions météorologique exposées ce jeudi en fin d'après-midi, la situation anticyclonique stable proche de l'Islande laisse penser que les vents vont continuer à alimenter le nord européen pendants 4 à 5 jours au moins.
En effet, cet anticyclone se trouve au sud de l'Islande et le vent tournant autour des anticyclones dans le sens des aiguilles d'une montre en hémisphère nord, la trajectoire du nuage va correspondre à un mouvement tournant, passant entre l'Angleterre et la Norvège, puis descendant sur les Pays Bas, la Belgique et le Nord de la France, tout en s'étalant.
Le volcan, en éruption depuis mars dernier, n'avait provoqué jusqu'à présent que de petits panaches de cendres grossissant soudainement ce jour, sous l'effet du contact soudain entre le magma du volcan et la glace qui se trouve à proximité, ce qui provoque un effet thermique projetant les particules de cendres dans le ciel (un peu comme de l'eau explosant dans de l'huile brulante).
Lorsque le glacier aura fondu, suite a l'éruption, et que le volcan sera à l'air libre la coulée ne produira plus de panache, mais simplement de la lave. De plus, la présence de l'eau du glacier n'a aucun effet atténuant la vivacité du volcan, puisque le magma n'est pas l'issue d'une combustion.
Ces nuages sont composés de particules de roches et de minéraux qui ne dépassent pas les 2 mm, mais également de gaz et de cendres. Ces particules sont suffisamment problématiques pour mettre en danger un avion qui volerait dans un tel nuage. Les réacteurs pourraient ne plus fonctionner, ou en tout cas être détériorés par une abrasion provoquée par les silicates présents dans l'atmosphère et la visibilité depuis le poste de pilotage pourrait devenir nulle. Un vol dans un tel nuage provoquerait également la couverture de l'appareil par une couche non négligeable de boue abrasive. Les pilotes ont pour consigne de ne pas pénétrer dans de tels nuages, mais toute la difficulté est de détecter la présence d'une telle nébulosité: C'est d'ailleurs totalement impossible de nuit.
Par le passé, un appareil long-courrier de la British-Airways, un B747, passé de façon inopinée dans un nuage de cendre volcaniques a vu ses 4 réacteurs cesser leur fonctionnement. L'équipage était alors parvenu à les remettre en route après avoir quitté le nuage, plus bas...
Souhaitons que cet épisode malheureux ne prendra pas la tournure d'une situation dramatique pour l'aviation, en cessant au plus tôt.
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Voir aussi :
- + Voir les previsions de trajectoire du nuage sur le site de l'agence spatiale européenne
















