Nous avons 'vu' le courant jet... 17 décembre 2007 | 21h58 dans
Météorologie
Parfois, au cours des vols, les yeux des pilotes passionnés s'immobilisent un instant sur un détail, une particularité du paysage ou du ciel. C'est cela aussi qui fait l'attrait du vol. Nous nous somme aujourd'hui arrêté sur une particularité du ciel qui attira notre attention lors d'un vol d'instruction en région parisienne.
En effet, tandis que nous étions à 3000 pieds en montée et alors que le ciel était particulièrement beau de par la diversité des nuages qu'il nous offait à voir, nous constations que ce dernier était coupé en deux parties: Nord contre sud, avec des nuages plus bas en partie septentrionale. Ces deux parties étaient séparées par une nébulosité en ligne droite comme tracée à la craie, puis frottée au buvard. La traine d'un avion de ligne sûrement... mais non, trop large et trop fournie pour que cela soit le cas. Et puis en quoi cet avion aurait-il séparé le ciel en deux parties distinctes.
Sortant de notre dossier météo la carte météo TEMSI EUROC que nous avions emporté, nous avons pu constater que cette ligne correspondait exactement à la trajectoire du courant jet polaire dessinée par les météorologues de Météo France.
Rappelons que le courant jet polaire est un tube de vent très fort qui se trouve en altitude élevée et qui suit la limite qui existe entre la masse d'air polaire et d'air tropical. Ces deux masses ayant une épaisseur différente, il existe une cassure (comme une marche) entre les deux, où le jet vient se nicher. Il s'agit d'un vent ayant des vitesses proche de 200 noeuds. Ainsi, si l'on connait la trajectoire du jet, on connait par déduction la limite haute entre les deux masses, la limite basse étant le front lui même.
D'habitude, le front correspondant apporte avec lui une nébulosité très importante, nous cachant la partie haute du ciel. Ce jours là, les deux masses d'air en contact n'étaient pas suffisamment contrastées pour provoquer une nébulosité génante. Aussi, le front trop peu marqué ne figurait même pas entièrement sur la carte, mais était bien là (Iso 0° différentes entre Paris et Orléans, tropopauses à altitudes différentes). Par contre le jet y était représenté.
Ce que nous voyions était donc le tube du courant-jet, pas le vent lui-même, bien sûr, car le vent est invisible, mais indirectement par ses effets sur la nébulosité qu'il façonnait, en quelques sortes. S'offrait donc à nous, en trois dimensions, toute la mécanique du contact de deux masses d'air peu contrastées et qui nous permettait de mieux comprendre un phénomène météo majeur: Le front.
Les pilotes ont cette chance de pouvoir évoluer au sein même du lieu d'action de la météo, tandis que nombreuses personnes ne peuvent l'observer que du sol. Qu'ils profitent donc de ce privilége. Nous, nous en avon profité.
Ps: Merci à Thomas Mossé pour sa photo.